Perspectives économiques : Clément Gignac fait le point

Perspectives économiques : Clément Gignac fait le point

Par Pierre Boulanger, Journaliste – TC Media

Photo :  Serge Boisvert

IMG_6557La reprise économique américaine est une bonne nouvelle pour le Québec et le Canada. Doit-on craindre une remontée des taux d’intérêt? Avec l’augmentation de l’espérance de vie, devrions-nous épargner davantage en vue de notre retraite?

IA_cEx-député de Marguerite-Bourgeoys, maintenant vice-président principal et économiste en chef de l’Industrielle Alliance, Clément Gignac était de retour au Buffet Il Gabbiano le 12 septembre, à titre de conférencier invité de la Chambre de commerce et d’industrie.

Maniant les chiffres et les mots avec éloquence et un brin d’humour, il a parlé des perspectives économiques et financières.

Au Canada et au Québec

Clément Gignac précise que «depuis cinq ans, le Canada s’en est sorti beaucoup mieux. On doit remercier Paul Martin, qui avait refusé que toutes les banques puissent fusionner et qui a gardé ça serré, pour que nos banques soient les mieux capitalisées au monde. Ce qui nous sauve, c’est l’immigration et la croissance de la population chez les 20 à 44 ans, des gens susceptibles d’acheter. Le Canada attire beaucoup d’étudiants étrangers qui veulent demeurer ici.»

Au Québec, M. Gignac déclare que les statistiques sont un peu troublantes. «On a perdu des emplois, contrairement au reste du Canada. Je ne suis pas convaincu que le Québec va pouvoir maintenir le cap sur l’équilibre budgétaire. Il manque un milliard de dollars. Dans les années 60, quand on a bâti nos programmes sociaux, il y avait huit travailleurs par retraité. Nous sommes à trois travailleurs par retraité. Il faut encourager les séniors à rester plus longtemps sur le marché du travail.»

Économie mondiale et européenne

Au chapitre de l’économie mondiale, Clément Gignac affirme que «le pire est derrière nous. Elle croît d’environ 3% par année. Il y a cinq ans, le gros de la croissance provenait des pays industrialisés. Maintenant, plus de la moitié de l’activité économique s’explique par les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil. En Chine, 30 à 35 millions d’individus passent de la classe pauvre à la classe moyenne chaque année.»

En Europe, M. Gignac précise que «les pays du sud, comme l’Italie, la Grèce et l’Espagne, ont des filets de sécurité sociale généreux mais n’ont pas la croissance. Les taux de chômage ont doublé et même triplé. Chez les 20 à 30 ans, un jeune sur deux n’a pas d’emploi.»

Nos voisins du Sud

Dans le cas des États-Unis, M. Gignac confirme qu’il y a amélioration. «La dette fédérale est élevée mais les impôts et les taxes sont bas. Le régime d’Obama coupe dans les dépenses, contrairement à Bush ou Reagan. La reprise est plus saine. Le gouvernement met de l’ordre dans ses finances, le service de la dette baisse et les mises en chantier reprennent.»

«Avec le pétrole de schiste, les États-Unis vont devenir le producteur numéro un mondial de pétrole d’ici cinq ans, en avant de l’Arabie Saoudite. Les Américains pourraient devenir indépendants au plan énergétique.»

Les marchés financiers

Pour les marchés financiers, M. Gignac croit que ceux qui ont des obligations à revenus fixes seront déçus des rendements. «La bourse est plus risquée, mais si vous diversifiez vos actions, c’est bon. Faites attention aux tendances de l’heure. N’hésitez pas à acheter de l’étranger car le marché canadien n’est pas bien diversifié. Et si vous n’avez pas de régime privé de retraite, je vous conseille d’épargner.»

Vous trouverez en cliquant le lien suivant la présentation que M. Clément Gignac a livrée lors du déjeuner de la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal le jeudi, 12 septembre 2013 au Buffet Il Gabbiano de l’arrondissement de LaSalle.

Perspectives économiques et financières – Clément Gignac

 

 

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